Parrainage de la formation professionnelle d’Asma

Lors d’une mission de coordination d’un projet de développement entre le SIT-Genève et la CNTG-Guinée Conakry en 2010, le chargé du suivi du projet avait visité le village de Kollanguel, village d’origine d’une des membres de la délégation.

Ce village est distant d’environ 7 km de Dalaba en Moyenne Guinée, et n’est accessible que par une piste forestière, nécessitant un véhicule 4X4. La délégation CNTG-SIT avait rencontré une jeune fille de 13 ans, nommé Asma. Elle est issue d’un milieu défavorisé : sa mère a été abandonnée par le papa et n’est pas en mesure d’assurer la scolarité de tous ses enfants. Si une partie de ses frères et sœurs vont à l’école, Asma elle est astreinte à toute une série de travaux quotidiens de nettoyage, de corvée d’eau, de maraîchage et d’aide à la famille. Pourtant, l’école primaire n’est qu’à 800 m. de sa maison et les frais de scolarité sont peu élevés.
Avec l’accord de sa maman, nous avons organisé sa prise en charge scolaire, pour plusieurs années, afin qu’elle acquiert les notions de base de lecture d’écriture et de calcul, avec l’aide d’un répétiteur.

Dans le courant 2012, nous lui avons envoyé une superbe machine à coudre, avec laquelle elle a commencé à s’initier à la couture, avec un oncle couturier de son village.

Lors d’une mission en fin 2014, le soussigné à pu renconter Asma, à Dalaba. Elle a bien grandi et ses études lui permettent d’écrire et de lire de façon sommaire. Elle peut signer les reçus de ses frais d’écolage.

Asma est une jeune fille réservée et qui parle peu. Si elle comprend les questions qui lui sont posées, elle ne répond pas en français : timidité, ou difficultés d’apprentissage ? De l’avis de sa tutrice, Asma est une jeune fille serviable mais qui prend peu d’initiatives. Au niveau de ses connaissances scolaires elle a peu progressé.

À cause de l’épidémie Ebola, les écoles ont été fermées jusqu’à la fin de 2014. Asma n’a donc pas suivi de cours à l’école. Nous avons rencontré son maître d’atelier de couture: à son avis, Asma a évolué normalement dans son apprentissage et dans l’utilisation de sa machine à coudre. Elle sait coudre, mais ne fait pas la mesure et la coupe des tissus.
Mais elle n’est pas régulière à l’atelier. Elle part souvent au village. Elle pourrait normalement apprendre son métier de couturière en trois ans, si elle persévère et si elle se rend quotidiennement à l’atelier. Actuellement, Asma ne doit pas financer sa participation au salon de couture. Mais au terme de son apprentissage, elle devra s’acquitter d’une prime significative auprès de son patron. D’entente avec sa tutrice, nous convenons de cesser la scolarité d’Asma pour une participation quotidienne à son atelier de couture. En principe, dans deux ans, Asma devrait pouvoir s’installer à son compte avec un crédit de notre association.
Le financement semestriel sera donc diminué (à 100 €) et une somme sera réservé pour sa prime de fin d’apprentissage et son installation professionnelle.
Avec Binta Barry, notre coordinatrice, nous avons eu une longue discussion avec Asma pour l’exhorter à prendre plus d’initiatives, à oser demander des explications à son patron et expérimenter de nouveaux travaux.

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