Communication pour la prévention des Mutilations Génitales Féminines dans les Préfectures de Labé, Dalaba et Pita.

Selon les estimations généralement admises, entre 100 et 140 millions de femmes et de jeunes filles du monde ont subi une mutilation génitale ou une excision et chaque année, plus de 3 millions de filles courent le risque de subir cette pratique sur le seul continent africain, plus de 125 millions de jeunes filles et de femmes sont victimes de mutilations sexuelles pratiquées dans 29 pays africains et du Moyen Orient où ces pratiques sont concentrées.

La Guinée détient le taux de prévalence de mutilation génitale féminine/excision (MGF/E) le plus élevé de la sous-région et le 2ème au monde, la prévalence des mutilations est passée de 95,6% à 96,9 % entre 2005 et 2012, et cette proportion est de 98% pour la population de la Moyenne Guinée. Les mutilations génitales féminines sont répandues en Guinée depuis très longtemps ; elles constituent des pratiques traditionnelles profondément ancrées dans les coutumes et traditions des sociétés africaines en général et de la société guinéenne en particulier ; elles demeurent à l’égard des filles et des femmes une forme de violence dont les graves conséquences physiques, psychologiques et sanitaires ont des effets néfastes sur la santé des victimes.

En dépit des programmes de sensibilisation mis en œuvre ces dernières années, des volontés politiques exprimées et des engagements pris par les acteurs sociaux, le phénomène des mutilations génitales féminines est encore largement pratiqué. Cela dénote la persistance du phonème dû à l’influence de la religion et des pratiques traditionnelles entretenues par une majorité écrasante des populations peu informées sur les conséquences néfastes de l’excision de la jeune fille.

Les objectifs généraux seront de contribuer à l’accélération de l’abandon des mutilations génitales en Guinée à travers une habilitation des communautés et secteurs clés concernés (sante, Education, sécurité/justice et leaders religieux) dans les communes de Labé, Dalaba et Pita.

Pour atteindre cet objectif, le projet s’articulera sur deux axes fondamentaux d’interventions à savoir :

1. L’habilitation et l’accompagnement des structures et acteurs de 4 secteurs-clés concernés dans la promotion de l’abandon des MGFs (Santé, Education, Justice/Sécurité, Religieux) à travers les activités de sensibilisations.

2. La formation et les causeries éducatives auprès des acteurs locaux des trois Préfectures .

Il s’agira de:

• Former 60 acteurs des quartiers des trois Préfectures sur les techniques de communication sur les mutilations génitales féminines.

• Informer 1000 ménages des Communes de Labé ; Dalaba et Pita sur les mutilations génitales féminines : sa définition, ses causes, ses conséquences et ses inconvénients

• Produire et distribuer des matériels éducatifs (flyers) dénommés « Ce qu’il faut savoir sur les mutilations génitales féminines »; aux habitants des trois communes urbaines

• Développer les aptitudes, les connaissances et l’adoption des pratiques souhaitées à travers des séances de causeries éducatives

• Créer une base de données des acteurs de lutte contre les MGF/E dans la zone du projet pour le suivi

• Organiser une journée d’initiation des jeunes filles à la vie de femme sans excision

• Produire et distribuer 300 tee-shirts avec des messages sur les MGF/E

Après l’identification des acteurs locaux et une prise de contact auprès des autorités locales, la stratégie utilisée dans ce projet sera participative sur fond d’information, de formation, de sensibilisation et de distribution de kits socioéducatifs aux populations bénéficiaires.

Un « plaidoyer » et habilitation de 4 secteurs-clés concernés en matière de MGFs et appui à l’intégration de cette thématique dans leur programme respectif d’action seront intégrés à la démarche.

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